Mensualisation – A Thiès, Dg et Pca de l’Ipres peinent à convaincre les retraités

La tournée nationale de la délégation de l’institut de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) s’est arrêtée ce mercredi dans la capitale du Rail où les responsables de l’institution ont fait face aux retraités. Au menu, la mensualisation des retraites qui fait toujours polémique.

Ipres, 140 000 allocataires

Le monde était très à l’étroit dans la grande salle du Conseil départemental de Thiès qui a servi de cadre à la rencontre entre les retraités et le président du conseil d’administration de l’Ipres, Mamadou Racine Sy, épaulé du directeur général de l’Ipres, Mamadou Sy Mbengue. Un exercice périlleux d’autant que les retraités, pour une bonne partie, s’expliquent difficilement une mensualisation des pensions, synonyme, selon eux, de baisse des pensions donc de précarisation des retraites. Les hausses successives de 10% annoncées depuis 2012, passent mal chez des retraités qui conviennent, avec le conseil d’administration, que les pensions restent faibles.

«40% de hausse des pensions entre 2012 et 2016»

«L’ipres a fait des efforts ces dernières années», dira Mamadou Sy Mbengue, aussitôt interrompu dans ses explications par un retraité. Un échange houleux qui se répète à plusieurs reprises. Le Pca de l’Ipres Mamadou Racine Sy, non plus, ne sera pas épargné par les critiques lorsqu’il prend la parole. Il sera interrompu plus d’une fois par des retraités qui ne se retrouvent pas dans ses propos. La mensualisation, passe mal et les responsables de l’Ipres ont beau expliquer et réexpliquer, la tension reste vive dans la salle du Conseil. Toutefois, au-delà des prestations versées aux travailleurs retraités, l’Ipres fait aussi dans le social, tente de convaincre Mamadou Sy Mbengue.

Des chiffres et de la frustration

«L’Ipres ne s’arrête pas aux prestations financières, elle s’occupe de la santé des retraités. L’Ipres va même au-delà de ses prérogatives», défend son directeur général, non sans rappeler que de 1958 à 2007, les pensions étaient payées par trimestre ; de 2007 à 2012 elles sont payées par bimestre et depuis janvier 2017, mensuellement. «Ceux qui percevaient 50 000 F en 2012 reçoivent, en 2017, plus de 72 0000 FCfa. Et celui qui percevait 100 000 francs de pension, il a aujourd’hui plus de 140 000 francs. Ça, c’est du concret. Il faut reconnaître que l’ipres a fait des efforts», réitère encore Mamadou Sy Mbengue, qui soutient que 7 milliards Cfa ont été décaissés par l’Ipres depuis la mensualisation. Alors que ces hausses de 10% globalisées, font un total de 8 milliards de francs Cfa.

3 milliards pour la prise en charge médicale des retraités de l’Ipres

«Ceux qui percevaient une pension avant 2007, peuvent confirmer qu’aujourd’hui, ils perçoivent plus en deux mois. Mais, souligne-il, les pensions ne se valent pas». Mamadou Racine Sy, pour sa part, mettra l’accent sur la défiscalisation des pensions de retraite, une mesure devenue effective cette année, proposée par l’Ipres et décidée par le président Macky Sall. «En 2016, l’Ipres a décaissé 81 milliards pour ses 140 00 allocataires. Si on fait une augmentation à 50 % comme le suggèrent certains, cela revient à sortir plus de 120 milliards par an et dans ce cas, on serait en cessation de paiement au bout de deux ans. Il faut assurer le paiement des retraites, mais aussi la viabilité du régime des retraites», relève-t-il. «Aujourd’hui, nous avons 300 000 travailleurs actifs qui cotisent à l’Ipres, ce qui permet de payer les retraites actuelles. Demain, ces travailleurs eux aussi, auront droit à une pension de retraite», conclut-il.

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