Parti se désintoxiquer, il se découvre porteur du Sida…

A l’occasion de la journée mondiale contre le VIH, ce jeudi, le journal français Libération est allé visiter un programme médical sénégalais inédit qui délivre depuis 2015 de la méthadone aux consommateurs de drogues. Longtemps invisibles pour les autorités, ils sont sept fois plus touchés par le virus que le reste de la population.

C’est un bâtiment étouffé de lumière et de poussière, planté dans un terrain vague, appelé «case de la convivialité». Toutes les semaines, on s’y retrouve pour déverser son trop-plein des petits et grands problèmes. Ce jour-là, on discute de l’accès à la méthadone à domicile, ce produit de substitution à l’héroïne.

Nous sommes dans un coin de l’hôpital de Fann, à Dakar, un des seuls lieux hospitaliers d’Afrique de l’Ouest où existe un programme de méthadone à destination des toxicomanes qui se droguent par voie intraveineuse. Depuis maintenant plus d’un an, plus de 160 personnes viennent ainsi tous les jours y prendre leur dose.

Et pour la plupart, passer aussi une bonne partie de la journée dans ce Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad), qui propose également des ateliers peinture, couture, jardinage, élevage de poulets…

Ce jeudi, Journée mondiale de la lutte contre le sida, à Dakar comme ailleurs dans le monde, l’accent va être mis aussi sur l’épidémie qui touche particulièrement les toxicomanes. Un mal souvent nié, la plupart du temps caché.

Avec allées et couloirs sans queue ni tête, ce lieu unique est intégré au service de psychiatrie de l’hôpital de Fann. Dans les années 60, cette case accueillait quelques malades mentaux, installés là avec leur famille. Les temps ont changé.

Ce jour-là, ils sont une cinquantaine d’ex-toxicomanes, aux visages fatigués, un peu perdus, mais tous à l’écoute les uns des autres. Le débat s’engage au sujet de la méthadone à domicile. L’un s’embrouille. Explique qu’il vient de loin, de trop loin, qu’il a près de deux heures de transport le matin puis le soir.

«C’est difficile de venir. Plutôt que de se déplacer tous les jours, la méthadone à domicile, cela me changerait.» Un autre : «Surtout quand on commence à avoir du travail.»

Le médecin chef, Idrissa Ba, vient d’arriver. Il s’excuse de son retard, explique qu’il faudra des critères. Jusqu’à présent, la règle d’or ou de tous les jours pour prendre une dose de méthadone.

Le mais: éviter les trafics et voir si le toxicomane est bien sevré. «Il faut être juste, avance le médecin. Ne pas être choisis pour venir chercher leurs doses de méthadone une fois par semaine à l’hôpital que les patients que l’on suit depuis un certain temps, avec qui tout se passe bien.

En tout cas, la décision ne sera pas celle d’une personne plus de l’équipe. »
libération.

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