Reportage : les violences dans le milieu universitaire, les étudiants s’expriment

Pourquoi toutes ces violences dans le milieu universitaire? Pourquoi  persistent-elles d’année en année? Pour répondre à ces questions,   SeneNews.com a fait un tour à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar à la rencontre des étudiants de ce temple du savoir.

Dans les couloirs du pavillon B, nous avons rencontré un jeune étudiant du nom de Bamba Niang, 26 ans licence 3 en droit des affaires et droit privé. Il est aussi délégué et président de la commission finance de la faculté des sciences juridiques et politiques.

Des revendications légitimes non satisfaites …

Les causes sont multiples. Dans la plupart du temps,  c’est la revendication des biens matériaux et moraux des étudiants, les bourses non payées ou tardivement payées, la qualité des repas servis dans les restaurants, le volet pédagogique avec le retard noté sur leurs études entre autres.

Mais tout le monde pense qu’à chaque fois que les étudiants font la grève, c’est pour les bourses ou la restauration mais tel n’est pas le cas car récemment,  Ass Tacko Diagne président de l’amicale de la faculté des lettres a dirigé une grève dont les principales causes sont pédagogiques et sanitaires : manque de toilette dans cette faculté, protocole d’accord pour les étudiants qui ont leur licence, instauration de nouveaux masters notamment des masters professionnels.

Une violence qui se justifie à bien des égards…

Un autre étudiant en licence 3 à la faculté de droit a été interrogé sur ce sujet. M. Diop  déclare que «Certes, il y a des violences dans le milieu universitaire, mais c’est pour la bonne cause. Dans le passé, il y avait des collectifs que les étudiants ne reconnaissaient pas,  maintenant nous avons des amicales légalement reconnues dans chaque faculté. De ce fait,  lorsqu’il s’agira de défendre un intérêt commun, tous les présidents et délégués se réunissent pour essayer d’établir des stratégies à mettre en place pour avoir gain de cause. Mais si un point touche seulement une faculté, c’est à son président et délégué de s’en charger».

Il poursuit ses propos en disant que «Maintenant, avant d’entamer une grève, dans un premier temps, l’amicale dépose au niveau du COUD et même au niveau du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche  un préavis pour ainsi leur faire part de leur mécontentement. Ensuite, l’amicale propose des négociations auprès des autorités concernées mais si ces dernières font la sourdes oreilles, la dernière solution est d’envisager une grève, c’est-à-dire aller au front». Pour eux,  c’est la seule arme qui leur permettent d’avoir une satisfaction.

Par contre,  ils affirment tous que cette violence ne les arrange pas car à cause de ces violences, de braves étudiants comme Balla Gaye ou tout dernièrement Bassirou Faye y ont laissé la vie.

Le cas de balla Gaye et Bassirou Faye évoqué 

Le cas Bassirou Faye est jusqu’à présent une plaie ouverte pour tous les étudiants. «C’était un frère, un ami, nous partagions le même terrain de basket. C’est une grande perte pour nous qui sommes originaires du Baol, nous voulons que justice soit faite. Nous pleurons toujours sa mort et c’est la seule chose qui puisse nous consoler», déclare Bamba Niang. Ils sont déterminés à rendre justice pour leur ami et malheureusement ce sera par violence car ils n’ont aucune autre solution.

«Nous avions entamé une grève pour le cas de Bassirou Faye mais certains politiciens disaient que nous voulons profiter de la situation politique actuelle du pays  pour déstabiliser le régime». Sur ce, ils ont levé le mot d’ordre en attendant la tenu du référendum du 20 mars prochain. «Nous sommes déterminés, justice doit être faite car pour le cas de Balla Gaye, il n y a jusque là pas eu de suite. Cette fois, nous  n’allons pas laisser tomber». Le président leur avait promis d’apporter des éclairages concernant ce meurtre mais jusqu’à présent rien.

Quid des jets de pierre au président de la République en visite à l’Ucad? 

A  propos du Chef de l’Etat,   sa visite mémorable à l’Université est toujours fraîche dans les mémoires. Interrogés sur la question, les étudiants sont persuadés que lors de la venue du président Macky Sall, ce n’était pas les étudiants qui jetaient des pierres au cortège présidentiel, mais plutôt des gens de l’opposition qui paient des jeunes pour faire ces genres d’actes parce qu’ils savent que l’université de Dakar est le Sénégal en miniature. Ceci dans le seul but de déstabiliser le régime actuel.

Un autre facteur non négligeable de ces violences au sein du campus universitaire c’est la présence des policiers et des forces de l’ordre. Lors des fronts, les gendarmes en profitent pour brutaliser voire même torturer les étudiants. «Je connais un étudiant à qui, les gendarmes avaient fait tenir une bombe lacrymogène qui a explosé dans ses mains. Un autre qui a été contraint de sauter du 2e étage de son pavillon pour éviter d’être bastonné par ces derniers» selon toujours Mr Niang. Ces actes menés par les gendarmes qui sont censés assurer leur sécurité, rendent les étudiants rancuniers.

Les solutions pour rendre paisible le milieu universitaire

Les solutions sont simples, ils ne veulent plus de gendarmes dans cet espace universitaire, ils veulent s’asseoir autour d’une table avec les autorités concernées pour trouver des solutions et mettre l’étudiant dans de bonnes conditions. Justice doit être faite aussi sur les meurtres qui ont eu lieu dans cette université. Tels sont les souhaits des étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

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