Youssouf Fofana, le bourreau du gang des barbares de retour au tribunal

L’assassin d’Ilan Halimi est jugé aujourd’hui pour des tentatives d’extorsions antérieures à son crime. Il voulait extorquer un « impôt » à plusieurs personnalités au nom du « Front de Libération de la Palestine ».
Youssouf Fofana, condamné en 2009 à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’enlèvement et l’assassinat du jeune juif Ilan Halimi, est jugé à partir de mardi à Paris pour des tentatives d’extorsion et des menaces de mort antérieures à ce crime. L’ex-chef du «gang des barbares», âgé de 36 ans, est soupçonné d’avoir envoyé, entre 2002 et 2004, des lettres de menace et des demandes de rançons à une quarantaine de personnes, pour la plupart dirigeantes d’entreprises, de Rolex à Whirlpool en passant par Toshiba. Mais aussi l’ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman. D’après son avocat le plus récent, Me Emmanuel Ludot, Youssouf Fofana vient de récuser un avocat commis d’office, et pourrait ne pas être représenté à l’audience. Sa présence n’est pas non plus garantie.
Pendant toute la durée de l’enquête, Youssouf Fofana, qui fut extradé de Côte d’Ivoire vers la France en mars 2006 dans le cadre de l’instruction sur l’assassinat d’Ilan Halimi, a refusé de répondre aux questions des juges.
«Qu’est-ce que ça changera à ma vie?» leur a-t-il lancé en décembre 2013 en référence à la peine qu’il purge. Il a été condamné à perpétuité.
Impôts pour la Corse et la Palestine
En 2002, quatre ans avant l’assassinat d’Ilan Halimi, ciblé car juif et donc nécessairement fortuné selon le chef de gang, cinq personnes recevaient des menaces accompagnées de demandes de paiement d’un impôt revendiqué par la branche française du Front de libération de la Palestine (FLP). En 2004, d’autres victimes recevaient des lettres similaires de la part d’un groupe appelé «MAFIA K1 FRY». La même année, 26 personnes recevaient des courriers signés «Armata Corsa» exigeant des sommes pour servir la cause indépendantiste corse. A chaque fois, «les modes opératoires», «le choix des victimes», «les demandes financières», «le type de menaces», sont «sensiblement les mêmes», note l’accusation.
Il faudra attendre février 2006 pour que des rapprochements entre ces trois affaires et l’assassinat d’Ilan Halimi mènent les enquêteurs jusqu’à Youssouf Fofana qui, rappelle l’accusation, a reconnu son implication en 2007 et 2008. Condamné à onze reprises entre 2000 et 2013, notamment pour vols et violences aggravées et apologie du terrorisme, Youssouf Fofana est détenu à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), la plus sécurisée de France, où il est à l’isolement. Devenu islamiste radical et extrêmement violent, il y a agressé plusieurs surveillants qui sont désormais obligés de se protéger pour lui servir les repas. En 2012, il s’était filmé dans sa prison de Clairvaux en tenant des discours antisémites et islamistes.
Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé le 20 janvier 2006 à Sceaux, où il avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille servant «d’appât». Après de vaines négociations avec sa famille pour une rançon de 450.000 euros et une séquestration violente de trois semaines émaillée de tortures, il avait été retrouvé agonisant. Il est mort à l’hôpital.

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